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Abbaye cistercienne de Bonmont

En savoir un peu plus sur

 

Architecture Publications
Acoustique Les concerts 2010
Histoire Les concerts de Bonmont (archives)
et en images

Repères historiques

Le monastère de Notre-Dame à Bonmont est situé à huit kilomètres au nord-ouest de la ville de Nyon, dans le canton de Vaud. Même si les chartes du couvent, conservées en grand nombre, n'existaient pas, seule déjà, la situation avoisinant maints villages et une route romaine, et dominant tout le lac Léman, nous porterait à croire que Bonmont ne fut pas à l'origine fondé par des Cisterciens. En effet, nous savons que les fondateurs de l'abbaye, les seigneurs de Divonne, firent, après la mort de leur père, vers 1120, avec leur mère Helvide, appel aux moines bénédictins, du couvent de Balerne (Jura), afin de construire sur le territoire de Pellens une maison de prières. D'après une confirmation de l'évêque de Genève Ardutius de Faucigny, qui doit être considérée comme la charte de fondation, cette donation fut effectuée «per manum domini Moysi abbatis » en 1123 . Mais on ne pourra pas parler d'une vie proprement cénobitique, ni d'une grande activité cons­tructive avant l'an 1131, qui vit l'affiliation de Bonus Mons à l'ordre de Cîteaux, fait qui nous est d'ailleurs confirmé dans une bulle du pape Innocent II du 18 février 1132 . Il semble bien que, comme à Aulps (Haute-Savoie) - et au­cune trace trouvée de bâtiments antérieurs ne le dément - les moines vivaient dispersés dans des ermitages groupés autour d'une chapelle centrale. Nous n'avons pas de preu­ves directes, mais la lettre de saint Bernard, adressée vers 1136 à la communauté d'Aulps, paraît du moins, par la dureté extrême de ses expressions, viser un abus général.

Il faut donc croire à une intervention personnelle du fondateur de Clairvaux. Outre l'anecdote dans les Legenda Aurea, qui nous parle de lui qui «iuxta lacum autem Lausanensem totius diei itinere pergens penitus eum non vidit, aut se vider non vidit», nous connaissons encore trois autres voyages dans la même direction et savons que le Saint ne cessera pas d'exercer une influence active sur la politique ecclésiastique de la contrée et de renforcer cons­tamment la position cistercienne. Dès 1130, Guy de Maligny, petit-neveu du fondateur de Molesmes, prit le siège épiscopal de Lausanne. Vers 1135, Ardutius de Faucigny, évêque de Genève et proche connaissance de Bernard, reçoit de lui, après son élection, une lettre dans laquelle lui sont recommandés spécialement «ses pauvres frères de Bonmont et d'Hautecombe » . En 1139, Amédée d'Hauterive, un de ses disciples et abbé de Hautecombe, remplacera l'évêque de Lausanne. En 1136, Aulps avait adopté la règle cistercienne. Montheron près de Lausanne fut fondé en 1135, Hauterive en 1138 et Hautcrêt en 1143. Guérin, abbé d'Aulps, sera appelé au siège épiscopal de Sion. Les diocèses autour du lac Léman formeront donc une province cistercienne qui permettra des fondations nouvelles et une évolution rapide de toutes les maisons passées à l'ordre de Cîteaux. C'est sous cette influence que Bonmont fut affilié comme huitième abbaye à Clairvaux, cinq ans avant Balerne, son abbaye mère. Dès 1131, la construction doit avoir été commencée. En mai 1148, après la consécration de Fontenay, le pape cistercien Eugène III, accompagné de saint Bernard, va trouver l'évêque cistercien de Lausanne. Aucun moment n'aurait été plus propice à une dédicace de l'église. Nous savons, en tout cas, qu'en 1142 une partie des bâtiments conventuels était érigée, et que, dès le milieu du XII e siècle, l'importance territoriale et politique du monastère ne fait que croître. Une bulle d'Alexandre III, datée de Bourges, le 12 mai 1164, vient définitivement confirmer les biens du couvent.

Le cloître de Bonmont servait au commencement du XIII e siècle déjà comme lieu d'ensevelissement à de nombreuses familles nobles, parmi lesquelles figurent les sires de Grailly, dont les descendants, avec Henri IV de Bour­bon, roi de France et de Navarre, devaient monter sur le trône en 1589. Passé la moitié du XIII e siècle, les posses­sions du couvent s'étendirent même au delà du lac et de­vinrent d'une telle importance que, après le changement de la structure économique, elles imposèrent un relâche­ment de la stricte observation de la règle. La suppression des révoltes paysannes qui, en Suisse centrale, résultèrent dans la fondation de la Confédération eurent aussi un effet négatif.

Nous ne savons pour ainsi dire rien des transformations survenues aux XIV e et XV e siècles. Le réfectoire fut re­fait, la décoration de l'église renouvelée. Plus tard, des pré­bendiers s'installèrent dans les bâtiments des convers, comme une inscription de 1517 le prouve. L'un d'eux sera Gautier de Laquement , mort en 1497, dont nous voyons la dalle funéraire appliquée contre l'église.

Pendant ses dernières années, le couvent fut mis sous le régime d'abbés commendataires, dont le dernier a été Aymon de Gingins, sorti de la famille des Divonne, fondatrice de l'abbaye. En 1536, le couvent fut occupé par les Bernois, qui transformèrent l'église en grange et en fromagerie, détruisant le choeur, le narthex, et, pour y mettre des logements, la voûte du croisillon sud. Dépendant du bailliage de Nyon, Bonmont en fut détaché en 1711. C'est vers 1738 que les gouverneurs y bâtirent le château actuel, probablement sur les fondations de l'ancien hôpital. Les bâtiments conventuels et le mur entourant le couvent existaient encore en partie. En 1798, Bonmont devint bien national, fut vendu et entra dans le domaine privé ...

Avant 1123
Fondation de l’abbaye de Bonmont par d’anciens compagnons de Robert de Molesme, moines d’Aulps et de Balerne
1131
Rattachement de Bonmont à Clairvaux (règle de saint Benoit); édification de l'église, seul témoin sauvegardé de l'abbaye cistercienne
Fin XIIe s
Achèvement de la construction de l'église
Milieu XIIIe s
Apogée de Bonmont
XIVe s
Temps difficiles pour l'abbaye
XVe s.-XVIe s.
Relâchement dans la règle monastique et décadence de Bonmont
1536
Introduction de la réforme en Pays de Vaud (avènement du régime bernois): sécularisation de l'abbaye de Bonmont

1537

Mort du dernier abbé de Bonmont, Aymon de Gingins.
1539-1544
Liquidation des biens de l'abbaye; démolition de la plupart des bâtiments conventuels et transformation de l'église en cave et grenier de la Ville et République de Berne

1798

Révolution vaudoise; étatisation des propriétés bernoises
1802
Privatisation de l'église et du domaine de Bonmont.
1942
Classification de l'église de Bonmont comme monument historique 
1982
Cession gratuite de l'église de Bonmont à l'Etat de Vaud par la S.I. Château de Bonmont S.A.
Début des travaux de restauration de l'église de Bonmont
1995

Acoustique

O B J E C T I F  DES  C O N C E R T S

Acoustique cistercienne du monument, sa réponse au chant qui se laisse accompagner par sa résonance.

Il est devenu évident ces dernières années qu'il existait un lien organique entre musique et instrument. Plus particulièrement la musique ancienne a découvert l'importance de l'apport des instruments anciens. Cela est dû au fait que le compositeur est non seulement influencé par son esthétique mais aussi par la sonorité de sa propre musique.

Après la restauration de l'église, on a redécouvert l'acoustique cistercienne des voûtes de l’édifice. L’acoustique fait donc partie intégrante du monument. Or elle est très particulière: la résonance du son est maintenue par un effet de rotation sonore dans la rondeur de la voûte; puis il est enrichi des harmoniques propres de l’église. Rien d'étonnant à ce que le chant grégorien - qui était la musique de l’époque de la construction de l’église -sonne magnifiquement bien dans ce lieu !

En revanche la musique composée par une acoustique plus simple et plus sèche, comme par exemple la musique de chambre des XVIIIe et XIXe siècles, y sonne très mal: ses harmonies changent trop rapidement pour souffrir d’être superposées par la résonance.

Toute musique conçue pour des acoustiques analogues s'y trouvera au contraire très bien à son aise la monodie, l’hétérophonie des débuts de la musique polyphonique, la polyphonie des grandes églises italiennes, la polychoralité du premier baroque, certaine musique contemporaine, et en particulier la musique pour chœurs…

Les choix de la commission musicale de l'abbaye de Bonmont sont guidés par la volonté de mettre en évidence l’acoustique du monument au même titre que les restaurateurs ont cherché à montrer la transparence de l’histoire et des techniques architecturales.

Il fallait mettre en valeur cette acoustique au même titre que les visites le permettent pour l’architecture.

Les répertoires de nos concerts sont choisis sur la base de la qualité et de la sonorité, ces deux critères permettant de présenter à notre public une très riche " mise en sons " de notre abbaye afin qu'il en apprécie les facettes.

Commission des concerts de Bonmont Jean-Yves Haymoz, professeur au centre de musique ancienne de Genève

Les concerts 2010

 

 

 

 

musique, voir page spéciale sur ce site

Pour en savoir plus, nous vous invitons à cliquer sur le lien suivant:

Les concerts de Bonmont 2005
 
 

 

Le Psautier

 

Le Psautier de Bonmont

 

L'objet le plus important ayant probablement été en possession de l'abbaye, est le Psautier de Bonmont maintenant dans la Bibliothèque Municipale de Besançon. Le psautier est un exemple très typique de ce style dynamique et expressif, qui a été appelé «Zackenstil» par les spécialistes allemands, et qui semble être composé de l'héritage rhénan et d'une tradition qui se basa sur des formes byzantines du XIII e siècle. Le manuscrit publié par Leroquais et Swarzenski fut donné en travail vers 1259 par une moniale cis­tercienne Agnès, dans un monastère du Haut-Rhin. Le frontispice montre Agnès avec l'abbé Waltherus, qui n'est probablement nul autre que l'abbé récalcitrant du même nom, qui, après sa déposition en 1214 continua à avoir une grande influence sur le gouvernement de Bonmont. Des notes écrites dans le dialecte de la Franche-Comté de la fin du XIIIe siècle prouvent que le psautier avait été transporté vers la région à l'ouest du lac de Genève. Après la réformation, le manuscrit paraît entre les mains de l'archevêque de Besançon, Pierre de la Baume, et garda la désignation «Psautier de Bonmont». Le programme extensif exécuté dans un style vigoureux donne une interprétation expressive de la vie du Christ, parfois d'une iconographie rare. L'illumination, montrant la vierge en larmes posant le corps de son fils dans la tombe, ou la résurrection du Christ sont exceptionnelles par leur sens du dramatique et du monumental.

 

 

Le CD Rom de la Collection Munumenta, Lumière gothique - tome 3, "Enluminure et calligraphie au temps des cathédrales", le psautier de Bonmont nous ouvre les pages d'un manuscrit enluminé du XIII e siècle, copié pour un monastère cistercien et conservé aujourd'hui à la Bibliothèque de Besançon. 1200 images, une séquence vidéo de calligraphie, un glossaire, 2 heurs de son.

  La cruxification par les Vertus célèbre peinture du Psautier de Bonmont
 

 

 

             

 

 

 


 

 

 

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Architecture

 

Bien que dans la vaste école d'architecture cistercienne l'ancienneté et l'extrême austérité de l'église de Bonmont lui confèrent une importance égalée seulement par Fontenay, l'histoire du monastère n'a jamais été publiée dans son ensemble. A part deux notes dans le volume CX du Congrès Archéologique de France (Paris 1953) , et un chapitre dans l'histoire générale des monuments suisses par Gantner, les abbayes cisterciennes bourguignonnes - transjuranes précédant l'époque gothique n'ont pas suscité l'intérêt qui leur aurait été dû.

Pour mieux comprendre l'importance d'une architecture nouvelle et progressive créée par Bernard de Clairvaux et ses architectes, il faut d'abord se rappeler que la fondation de l'ordre cistercien par Robert de Molesmes fut basée sur une interprétation stricte de la règle de St Benoît. Mais malgré l'esprit réformateur et l'enthousiasme des « novi milites Christi » peuplant le «novum monasterium » situé dans la désolation des marécages de Cîteaux, le jeune ordre n'aurait probablement pas survécu, si Bernard de Fontaine et ses frères n'y avaient pas cherché admission en l'an 1112. L 'énergie illimitée et l'intelligence vive du jeune moine lui donnèrent une nouvelle impulsion. Deux ans après avoir pris ses vœux, le 25 juin 1115, Bernard fonda l'abbaye de Clairvaux qui, bientôt, allait devenir non seulement le centre dynamique de l'ordre, mais être aussi une des capitales spirituelles de l'occident.

Les règles de l'ordre avaient été établies par Robert de Molesmes et avant tout par Etienne Harding du Dorsetshire (Angleterre). Basées sur la règle bénédictine elles furent codifiées dans l'Exordium Parvum et dans la Charta Caritatis N ° 1, récemment découverte, et remaniées dans la Charta Caritatis N ° 2. Les lois garantirent la plus stricte indépendance du pouvoir féodal. Elles pourvoyaient à un système de contrôle dans l'ordre, et établirent l'institut des convers, c'est-à-dire de travailleurs ayant fait des voeux, mais vivant dans les fermes du monastère, desquelles ils sortaient chaque dimanche et jours de fête pour assister à la célébration de la messe dans l'église de l'abbaye. Contrairement à l'organisation centralisée de l'ordre de Cluny ou l'autarchie des monastères bénédictins, le chapitre général, c'est-à-dire l'assemblée de tous les abbés de l'ordre convoqués chaque année à Cîteaux, fut introduit comme gouvernement suprême et si l'on veut - international - de l'ordre. Les décisions du chapitre général, qui eurent une grande influence aussi sur le développement de l'art cistercien, furent strictement mises en pratique et contrôlées par des Visitations régulières. Dans le premier stade de l'histoire de l'ordre, la répartition des monastères fut organisée soigneusement, suivant les grandes routes européennes et conquérant un diocèse après l'autre. C'est dans ce sens aussi que l'abbaye de Bonmont avait été établie en une position clef au sud du Jura.

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